Pannes d'Antan

Cortulaire de l'Abbaye de Gorze (XV ème siècle).

« Ce sont les drois du plais annal de Penne, du XXe jour de Noel.
« Premier. Messire ly abbey ou le prevost de Gorze part et doit tenir trois foix les plais l’an à Penne, c’est assavoir à Noel, à Pasque et la Saint Remey…, et doit chacun conduit à chacun play une angevisme du feu … Quand messire ly abbey ou le prevost doit tenir les plais, ilz le doient faire annuncier par le doyen de Penne troix jours devant…
« Ly ban la justice et ly destrois de Penne sont les seigneurs de Gorze anthierement, soulf le droy de woelz et le gros deismes et le menus, fors que le deisme des poullains que le curé de Penne en porte … Et doit estre la maison les seigneurs de Gorze qu’ilz ont à Pennes trois jours on commandement le prevost de Gorze ou son lieutenant, et se peut eu la maison basgnier et saingnier, et doit avoir ung des sergens de leans pour faire son feu et pour amenestrer car que mestier ly est …
« Le maire de Penne doit à Gorze, le jour de feste Saint Gergonne, ung cestier de miel se on le peut prandre on trouchaige dou boix, et se on ne l’y peut prandre, ly maire et ly commis doient en faire des biens de la maison que il soit paier. Et on doit à Gorze cellui jour à maiour une espize enthiere, c’est assavoir ung cestier de vin, iiij pains et quatre pièces de char…
Les hommes du droit signoraige de Penne sont franez hommes Saint Gergonne et ne doient ne taille ne prinze et ont entrecour à Has, à Uvezin, à Rouvroy et en l’éveschiez de Metz par tout, et se les seigneurs de Gorze lourz font tort ilz doient avoir recou à Seigneur d’Apremont, sicomme à Woelz et se messire d’Aspremont lourfait tort, ils doient avoir recourz aux seigneurs de Gorze sicomme à lourz drois seigneurs et se les deux lour faisoient tout ensemble, ou ly ung ne le voulait d’effaire pour l’autre, ilz doient avoir recour à l’esvesque de Metz sicomme à souverin seigneur…. »

On voit, par un autre titre du même Cortulaire, que les Seigneurs d’Apremont devaient reprendre la vouerie de Pannes, en fief et hommage, de l’abbé de Gorze.

Déclaration du XVIII ème siècle.

Les habitants de Pannes disent, dans la Déclaration fournie par eux en 1738, qu’ils possédent un paquis d’environ 200 arpents (à 250 verges l’un), aux environs de l’étang de la Rosière, et où les habitants d’Essey ont droit d’envoyer vain pâturer leurs troupeaux ; un autre paquis d’environ 60 arpents, où les habitants de La Marche (ci-devant Hatz) ont aussi le droit d’envoyer leurs troupeaux communaux, etc.

On lit dans l’Etat du temporel des paroisses (1709) :

« La parroisse de Pannes est le diocèse et de l’officialité de Metz et de l’archiprêtré de Gorze. Elle a pour annexes Euvezin et Has.
« La seigneurie appartient en toute haute justice, moyenne et basse, à S.A.R. (le duc). Il y a un maire choisi par la communauté, et lui prête serment pardevant le prévôst de Thiaucourt ; lequel prévôst connaît de toutes les causes tant que criminelles dudit lieu de Pannes ; les appellations sont portées au bailliage de Pont-à-Mousson et en dernier ressort à la Cour Souveraine. Pannes est Barrois non mouvant.
« Le patronage de la cure appartient à l’abbé de Gorze ; le chapitre dudit lieu a la grosse dîme.
« Il y a une chapelle sous l’invocation de Saint Christophe, qui n’est pas en titre de bénéfice… »

Découvertes.

Des découvertes intéressantes ont été faites, à différentes époques, soit dans le village, soit sur le territoire de Pannes. En 1828, en creusant les fondations d’un nouveau presbytère, on trouva des murs souterrains calcinés par le feu, ainsi que des décombres mélés de cendre et de charbons. Parmi ces décombres se trouvaient des médailles en petit bronze, des règnes de Néron, Nerra, Antonin - Pic, Septime - Sévère, Gordien - Pic, Claude - le – Gothique, Maximien – Hercule, Constantin le jeune, Constant, Constance II, etc.…. et quelques objets de bronze, tels qu’une patère, une anse, deux fibules, une figurine de la déesse Hygie.

Le déblaiement d’un puit comblé, qui était taillé dans le roc à plus de dix mètres de profondeur, a présenté des couches alternatives de terre et de cendre, où se trouvaient enfouis des fragments de poterie étruste et romaine en argile rouge, des briques, des débris d’amphore, quelques vases entiers pleins de cendres et de coquilles d’œuf, deux cippes d’ordre toscan d’un assez mauvais style, deux statuettes en terre blanche, l’une de Vénus, l’autre d’Hygie, un morceau de pierre dure, polie, et propre à porphyriser . Plusieurs de ces fragments de poterie étaient empreints de grumeaux d’une substance translucide, ayant l’apparence de l’amphre jaune, et qui semblait provenir de l’agglutination de blancs et de jaunes d’œufs, causée par une température favorable.
Les poteries à ornements ne portaient pas le nom du potier ; sur les autres, on lit les noms : Cassius, Condari, Focca, Foccius, Scotto, Voca, Virtus, Q.F.C. qui sont ordinairement suivis du mot fecit de l’abréviation F. les vases variaient de formes et de dimensions. Pas un seul fragment de couvercle ne fur rencontré parmis les débris de tant de vases à large ouverture, et on ne trouva non plus aucune inscription. (Précis des travaux de la Société de Sciences, Lettres des Arts de Nancy de 1829 à 1832).

En 1853, on a encore découvert sur le territoire de Pannes un grand nombre de monnaies romaines, en argent et en bronze, et plusieurs vases antiques, de différentes formes, en terre rouge et grise.

Pannes a été érigé en succursale en 1802, avec Bouillonville pour annexe.

Quelques dates historique.

Le 8 Mai 1351
Geoffroy, sire d’Apremont, et Jean d’Apremont son frère, sire de Conflans, font un accord par lequel Geoffroy laisse à Jean tout le cours de sa vie, ses deux étangs de Pennes, moyennant la somme de 150 florins à l’écu. (T.C. d’Apremont 3.)

Le 16 Janvier 1413
Edouard, duc de Bar, consent qu’Amé de Sarbruck, seigneur de Commercy, rachète en son nom pour 300 Francs d’or, des héritiers de Thomas d’Apremont, ce que ledit duc pouvait avoir à Saint-Baussant, Sambuemont, Ansauvile, Pennes, etc. (T.C. Apremont 2)


Le 26 Février 1418
Louis , cardinal, duc de Bar, cède et transporte à sa sœur, Bonne de Bar, comtesse de Ligny et de Saint-Pol, la seigneurerie de Pannes, à condition que si elle venait à décéder sans hoirs de son corps, cette seigneurerie retournerait aux ducs de Bar. (Cart. Bouconville)


Le 25 Octobre 1446
Henri Bayer de Boppart, chevalier, donne son dénombrement à Hue d’Autel, seigneur d’Apremont, pour ce qu’il tient ès villes, bans et fincyes de Seicheprey, Saint-Baussant, Pannes, etc. (T.C. Apremont, 34e liasse.)


Le dernier Juin 1470
Jean Bayer de Boppart, écuyer, reconnaît et avoue tenir an fief et hommage et avoir repris d’Emich, comte de Linange, Seigneur d’Apremont, la part qu’il a aux villes de Pannes, Lahéville, etc. (T.C. Apremont, 48el.)


Le 14 Novembre 1494
Robert de Vathiemont, écuyer, donne son dénombrement, à Ennequin, comte de linange, pour ce qu’il tient à Mailly, Xivry, Marvoisin, Pannes, etc. (T.C. Apremont, 8e l).


Le 18 Janvier 1496
Adam et Boppart, seigneur de Château – Brehain, reprend d’Anne, comtesse de Linange dame d’Apremont, ce qu’il a à Saint – Baussant, Seicheprey, Pannes, etc. (T.C. Apremont 35e l)


Le 27 Mars 1503
Le duc René donne commission à Jacques Wisse capitaine de sa garde, et à Thiéry de la Mothe, auditeur des comptes de Bar, de prendre possession des terres et seigneureries de Sambuemont (Beaumont), Pannes, etc.…, mises en gage à Hue d’Autel, seigneur d’Apremont pour les sommes de 423 florins du Rhin et 300 francs, et dont le duc a fait le rachat. (T.C. Apremont,48e l)


En 1588
Une nommée Jeanne, femme de Jean de guérin, de Pannes fut brûlé comme sorcière.

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